Investissement alternatif : quelle place dans une stratégie patrimoniale ? Définition, exemples et intérêt pour diversifier son patrimoine
- Introduction
- Qu’est-ce qu’un investissement alternatif ?
- Pourquoi en parle-t-on ?
- Les grands types d’investissements alternatifs
- Pourquoi les intégrer dans un patrimoine ?
- Les risques
- Est-il réservé aux patrimoines significatifs ?
- Pour quel type d’investisseur ?
- Faut-il investir dans des placements alternatifs ?
- Nous contacter
L’investissement alternatif attire de plus en plus d’épargnants. Si le terme est désormais largement employé dans les discours patrimoniaux, les offres de diversification et les présentations de fonds, son périmètre demeure souvent mal compris.
Pour certains, il désigne tout ce qui n’est pas coté en Bourse. Pour d’autres, il évoque surtout le Private Equity, l’immobilier, la dette privée ou les hedge funds. Dans les faits, le périmètre est large, mais l’idée de fond est simple : l’investissement alternatif regroupe des stratégies ou des classes d’actifs qui sortent des placements traditionnels comme les actions cotées, les obligations classiques ou les fonds monétaires.
Cet intérêt croissant s’explique par l’ouverture progressive des actifs non cotés aux investisseurs particuliers, notamment en France. L’AMF (Autorité des marchés financiers) souligne elle-même qu’elle accompagne cette démocratisation du capital-investissement auprès des investisseurs particuliers, tandis que France Invest constate une progression de l’accès des épargnants au non coté et une collecte portée en grande partie par l’assurance-vie.
Toutefois, l’investissement alternatif ne doit pas être perçu comme un investissement « meilleur » , mais comme un investissement différent. Sa moindre liquidité, sa valorisation, son horizon de placement, les risques et parfois les frais imposent une analyse approfondie avant toute intégration dans une stratégie patrimoniale.
Qu’est-ce qu’un investissement alternatif ?
Un investissement alternatif désigne un placement qui ne relève pas des grandes catégories traditionnelles de gestion cotée.
L’AMF parle de “gestion alternative” pour désigner des approches qui se distinguent des placements collectifs classiques par leurs stratégies, leurs univers d’investissement ou leurs techniques de gestion. De son côté, l’AIMA (Alternative Investment Management Association), association internationale de référence du secteur, intègre dans les alternatives des univers comme le Private Equity, le private credit, l’immobilier, l’infrastructure ou encore certaines stratégies de hedge funds.
Concrètement, l’investissement alternatif ne désigne pas une classe d’actifs unique, mais un ensemble de solutions d’investissement. Il peut s’agir d’un fonds de Private Equity investissant dans des entreprises non cotées. Il peut aussi s’agir d’un fonds de dette privée, d’un véhicule immobilier, d’un fonds infrastructure, ou encore d’une stratégie plus sophistiquée fondée sur des techniques dites de gestion alternative. Leur point commun est de s’affranchir du cadre traditionnel des actions et obligations cotées, afin d’offrir des sources de diversification et de performance potentiellement complémentaires.
Pourquoi parle-t-on autant d’investissement alternatif aujourd’hui ?
L’investissement alternatif connaît un essor porté par une double dynamique : la recherche d’une plus grande diversification par les investisseurs et l’ouverture progressive des actifs non cotés aux particuliers. Longtemps réservées aux investisseurs institutionnels, ces stratégies sont désormais accessibles au travers de véhicules adaptés à différents niveaux d’investissement. Cette évolution se traduit notamment par le développement des fonds destinés au grand public, tels que les ELTIF, qui contribuent à démocratiser l’accès à certaines classes d’actifs privés.
Au-delà de cette évolution de l’offre, l’investissement alternatif répond à une évolution des stratégies patrimoniales. Dans un environnement marqué par la volatilité des marchés cotés et une corrélation parfois élevée entre les différentes classes d’actifs traditionnelles, de nombreux investisseurs recherchent des moteurs de performance complémentaires. Sans être exempt de risques, l’investissement alternatif offre une exposition à des actifs et à des cycles économiques différents, avec des horizons d’investissement généralement plus longs. Cette approche est particulièrement représentée par le Private Equity, la dette privée ou les infrastructures, dont les dynamiques s’inscrivent dans le temps long.
Les grands types d’investissements alternatifs
Les grands types d’investissements alternatifs
- Le Private Equity est sans doute la forme la plus connue aujourd’hui. Il consiste à investir dans des entreprises non cotées, directement ou via des fonds. Les particuliers peuvent y accéder via différents véhicules, notamment des fonds de capital-investissement de droit français.
- La dette privée constitue une autre grande famille. Elle consiste à financer des entreprises par du crédit non bancaire, généralement via des fonds spécialisés.
- L’immobilier et l’infrastructure occupent aussi une place importante dans l’investissement alternatif. Ces univers permettent de s’exposer à des actifs réels, avec des logiques de revenus, de valorisation ou de financement de projets de long terme.
- Enfin, il existe des stratégies de gestion alternative plus techniques, historiquement associées à des hedge funds ou à des fonds de fonds alternatifs.
Diversifier un patrimoine
Pour diversifier un patrimoine, il ne faut pas multiplier les placements, mais exposer le patrimoine à des moteurs de performance et à des cycles économiques différents de ceux des marchés traditionnels. Intégré avec cohérence, l’investissement alternatif peut ainsi compléter des actifs cotés, un patrimoine immobilier détenu en direct ou des placements plus liquides, contribuant à une allocation plus équilibrée.
Accéder à des segments de marché différenciant
L’investissement alternatif permet également d’accéder à des classes d’actifs longtemps réservées aux investisseurs institutionnels ou professionnels. Grâce à des fonds spécialisés, les particuliers peuvent désormais investir dans la dette privée, les infrastructures ou les entreprises non cotées, élargissant ainsi leur univers d’investissement et les sources potentielles de diversification de leur patrimoine.
Produire de la valeur sur plusieurs années
De nombreuses stratégies sont conçues pour créer de la valeur sur plusieurs années, en laissant aux entreprises ou aux projets financés le temps de se développer. Cette approche offre aux gérants davantage de latitude que sur les marchés cotés, où les performances sont souvent soumises aux fluctuations de court terme. Cette logique est particulièrement marquée dans le non coté, où la création de valeur s’apprécie sur des horizons d’investissement de plusieurs années.
Quels sont les risques de l’investissement alternatif ?
L’illiquidité
Le principal risque des investissements alternatifs réside dans leur moindre liquidité. Contrairement aux actifs cotés, ils ne peuvent généralement pas être cédés à tout moment, ou seulement dans des conditions limitées. Cette caractéristique concerne notamment le Private Equity, la dette privée, les infrastructures et certains véhicules immobiliers non cotés. Elle constitue la contrepartie d’un horizon d’investissement plus long et doit être pleinement intégrée avant toute décision d’investissement.
La complexité
Les méthodes de valorisation diffèrent souvent de celles des marchés cotés, tandis que les mécanismes de distribution, de remboursement ou de liquidité peuvent être spécifiques à chaque véhicule (encadrés, différés ou limités). Cette technicité nécessite une bonne compréhension des caractéristiques du produit afin d’en apprécier correctement le fonctionnement, les risques et les contraintes.
La risque de perte en capital
Les investissements alternatifs n’offrent aucune garantie de performance ni de préservation du capital investi. Leur potentiel de rendement s’accompagne d’un niveau de risque qui varie selon les stratégies et les actifs sous-jacents. Une analyse rigoureuse des caractéristiques du véhicule d’investissement et de son adéquation avec les objectifs patrimoniaux de l’investisseur demeure donc indispensable.
L’investissement alternatif est-il réservé aux patrimoines significatifs ?
L’investissement alternatif est-il réservé aux patrimoines significatifs ?
Cette idée est de moins en moins vraie. Depuis plusieurs années, l’accès aux investissements alternatifs s’est progressivement démocratisé grâce au développement de véhicules accessibles via l’assurance-vie, le compte-titres ou des fonds dédiés. Les particuliers peuvent ainsi investir dans des classes d’actifs autrefois réservées aux investisseurs institutionnels ou professionnels.
Pour autant, accessibilité ne signifie pas pertinence. Le fait qu’un investissement alternatif soit accessible à partir de quelques centaines ou milliers d’euros ne le rend pas adapté à tous les profils d’investisseur. Avant d’investir, il est essentiel de s’interroger sur son horizon de placement, sa capacité à immobiliser son capital, son acceptation du risque et sa compréhension des spécificités de ces investissements.
Investissement alternatif : pour quel type d’investisseur ?
L’investissement alternatif s’adresse avant tout aux investisseurs disposant d’un patrimoine déjà structuré, recherchant une diversification complémentaire et pouvant immobiliser une partie de leur capital sur un horizon de long terme. À l’inverse, il est généralement moins adapté aux personnes privilégiant une disponibilité immédiate de leur épargne, une simplicité totale ou une recherche de sécurité maximale.
C’est une poche de diversification, pas un réflexe automatique. Et plus le produit est complexe, plus l’arbitrage doit être rigoureux.
Faut-il investir dans des placements alternatifs ?
L’investissement alternatif est pertinent dans une allocation patrimoniale, et ce, pour plusieurs raisons :
- Il donne accès à des actifs ou des moteurs de performance absents des placements traditionnels,
- Il ajoute de la décorrélation dans un portefeuille ;
- Il est dorénavant très accessible grâce à une réglementation adaptée (notamment ELTIF 2).
Mais sa sélection doit répondre à une logique d’allocation claire : diversification, horizon de temps long, acceptation de l’illiquidité et compréhension réelle du risque.
La bonne question n’est donc pas : "l’investissement alternatif est-il intéressant ?”
La bonne question est : “quelle place doit-il occuper dans le patrimoine, et sous quelle forme ?”
Les investissements alternatifs peuvent constituer un levier de diversification pertinent, à condition de s'intégrer dans une stratégie patrimoniale cohérente. Les experts Laplace vous accompagnent pour évaluer leur place au sein de votre allocation.
avec un conseiller
Bertrand Rabot Directeur de l'Offre
