Publié le 28 novembre 2023

Quelles obligations fiscales déclaratives pour les non-résidents ?

Transférer sa résidence fiscale à l’étranger entraîne de nombreuses conséquences sur les plans civil, social et fiscal. En effet, les contribuables reconnus comme  « non-résidents »  par l’Administration fiscale restent soumis, en France, à des obligations fiscales limitées en lien avec les revenus de source française qu’ils continuent de percevoir.

Pour rappel, ces revenus comprennent notamment :

  • Les revenus d'activité professionnelle exercée en France, tels que les salaires, les pensions, les rémunérations des dirigeants d'entreprise, les revenus des professions libérales…
  • Les revenus du patrimoine situés en France, tels que les revenus des valeurs mobilières, des biens immobiliers, des droits d'auteur…
  • Les plus-values sur les cessions d’immeubles et droits sociaux situés en France.

Il est important de noter que les conventions fiscales conclues entre la France et les autres pays peuvent prévoir des règles d’imposition différentes. Ainsi, ces conventions répartissent, par nature de revenu, le droit d’imposer entre les États (à savoir État de source du revenu et État de résidence) et prévoient, le cas échéant, des dispositions aux fins d’éviter la double imposition.

De manière générale, l’État de résidence reconnaitra le droit d’imputer sur l’impôt dû sur son territoire, un crédit d’impôt égal à l’impôt payé dans l’État de source si celui-ci a déjà imposé le dit revenu.

Ainsi, les non-résidents déclarent chaque année sur l’imprimé fiscal 2042NR, leurs revenus de source française (sauf disposition conventionnelle contraire). Sauf application d’une retenue à la source libératoire de l’impôt, ces revenus sont soumis à un barème fiscal spécifique, selon lequel l’imposition ne peut être inférieure, à part exception, à 20 % jusqu'à la fraction du revenu net imposable inférieure ou égale à 27 478 € pour les revenus perçus en 2022 et de 30 % pour les revenus supérieurs à ce seuil.

Concernant l’IFI, les non-résidents sont taxés chaque année sur la valeur de leur patrimoine immobilier français, dès lors que celle-ci est supérieure à 1 300 000 €. Pour mémoire, il s’agira de recenser les biens immobiliers situés sur le territoire français, mais également les titres de sociétés détenant à leur actif des biens immobiliers situés en France. Pour ces dernières, le non-résident devra déclarer la quote-part de la valeur des titres représentative de biens ou droits immobiliers situés en France.

Comme pour les résidents français, leur taxation est établie selon le barème de droit commun, allant de 0,5 % (à partir de 800 001 € de valeur nette taxable du patrimoine, à 1,5 %, au-delà de 10 000 000 €).

Pour le non-résident, la difficulté tiendra à la maîtrise des règles et obligations fiscales en France et dans son pays d’accueil. L’accompagnement par un professionnel spécialisé à l’international au moment du départ est ainsi recommandé afin d’opérer les arbitrages nécessaires et mettre en œuvre, le cas échéant, une structuration adaptée à sa situation.

Ainsi, le contribuable peut s’interroger sur l’opportunité de céder, en amont du départ, un bien immobilier pour lequel la plus-value bénéficierait d’une exonération en application des abattements pour une durée de détention. De même, en cas de détention d’immobilier de rapport jusqu’alors détenu en direct, la mise en société à l’IS peut être une option à privilégier afin de conserver un patrimoine tout en maîtrisant sa fiscalité et en facilitant sa transmission.


Mélanie Collu

Directrice Family Office

À lire dans la même catégorie
 
2 mars 2026

L'offensive militaire américano-israélienne contre l'Iran, lancée le 28 février, provoque une réaction immédiate sur les marchés : le Brent bondit (10 % sur la semaine écoulée), les indices actions reculent. Ces mouvements sont logiques à très court terme. Ils ne justifient pas pour autant des arbitrages précipités. L'histoire des crises géopolitiques plaide pour une lecture plus froide de la situation.

28 février 2026

L’administration confirme, dans la réponse ministérielle publiée au JO du 10 février 2026, que peu importe la forme sociale, dès lors que la société exerce une profession libérale, les rémunérations techniques des associés et gérants relèvent des BNC. 

28 février 2026

Après une absence de consensus du Parlement en fin d’année dernière sur le projet de loi de finances, puis l’adoption d’une loi spéciale en urgence pour permettre à l’État de continuer à percevoir les impôts, la France s’est enfin dotée d’une loi de finances pour 2026.

28 février 2026

L’équation est connue de tous : allongement de l’espérance de vie plus baisse de la natalité est égal au vieillissement démographique, c’est ce que vivent actuellement les pays développés. Le phénomène de vieillissement connait un pic prévisible connu sous le nom de « papy-boom » consécutif à la forte natalité d’après-guerre, c’est la principale menace qui plane sur les transmissions d'entreprise en France dans la décennie à venir.

28 février 2026

Dans un monde financier complexe, chaque classe d'actifs possède ses propres vulnérabilités face aux chocs macroéconomiques. L'actualité récente, du krach de l'argent du 30 janvier 2026 aux turbulences des valeurs de technologie, illustre une réalité : il n'existe pas d'actif "tout-terrain".

28 février 2026

Pour rappel, une société civile de placement immobilier (SCPI) a pour objet l’acquisition et la gestion d’un parc immobilier locatif, souvent à usage de bureaux. Elle fait appel à l’épargne publique et, à ce titre, doit être enregistrée auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF).