La fiscalité des non-résidents Quelle fiscalité applicable aux non-résidents Français ?

Contenu mis à jour le 14 février 2024

Lorsqu’une personne est résidente fiscale dans un pays étranger, sur la base de critères internes ou conventionnels, elle peut continuer à être imposable en France sur certains revenus. 

Dans quel pays mes revenus sont-ils imposés en tant que non-résident fiscal français ?

Par principe, l’intégralité des revenus perçus par une personne sont imposables dans son pays de résidence fiscale et les pays étrangers sont susceptibles d’appliquer également une imposition sur les revenus, trouvant leur source dans ce pays-là.

Il en est de même pour le patrimoine : l’intégralité des biens est en principe soumis à l’impôt sur le patrimoine dans le pays de résidence fiscale (s’il en existe un) et les autres pays dans lesquels se situent les actifs peuvent également appliquer une imposition selon leur législation interne.

Une double imposition d’un même revenu est alors possible :

  • En l’absence de convention fiscale entre les pays concernés, le contribuable supportera une double imposition (excepté si les droits internes prévoient des mécanismes pour déduire l’impôt payé à l’étranger)
  • En présence d’une convention fiscale, celle-ci précisera pour chaque catégorie de revenus et/ou d’actifs quel État a le droit d’imposer et la méthode pour éliminer la double imposition le cas échéant.

Quelles sont les obligations fiscales en France pour un non-résident ?

En France, les personnes qui ont leur domicile fiscal hors de France, restent soumises à une obligation fiscale restreinte : elles demeurent imposables, par principe, sur les revenus de source française et les actifs situés en France. Toutefois, des dispositions dans les conventions fiscales peuvent déroger à ce principe.

L’impôt sur les revenus pour les non-résidents

Les revenus de source française sont énumérés à l’Article 164 B du CGI. Il s’agit notamment des revenus immobiliers provenant de biens situés en France, de dividendes distribués par des sociétés françaises, de revenus d’activités professionnelles exercées en France, etc.

Certaines catégories de revenus supporteront une retenue à la source à un taux forfaitaire, d’autres seront soumis au barème progressif avec application du taux minimum déterminé selon le barème suivant :


Pour ces revenus soumis au barème, une déclaration annuelle doit obligatoirement être déposée (formalité en ligne). 

Certains contribuables pourront demander l’application du taux moyen en lieu et place du taux minimum : s’ils justifient que le taux d’imposition qui serait appliqué à l’ensemble de leurs revenus mondiaux serait inférieur au taux minimum appliqué à leurs revenus imposables en France, ils peuvent demander l’application de ce taux moyen pour l’imposition des revenus de source française.

L’impôt sur le patrimoine pour les non-résidents

De la même manière qu’en matière d’impôt sur le revenu, s’agissant de l’impôt sur la fortune, les non-résidents sont soumis à une obligation fiscale limitée.

En effet, seuls les biens et droits immobiliers situés en France sont soumis à l’Impôt sur la Fortune Immobilière en France. 

Le seuil d’imposition, les règles d’évaluation et le barème applicables sont les mêmes que ceux applicables aux résidents fiscaux français (lien vers la page IFI).

En revanche, le mécanisme de plafonnement de l’IFI n’est pas applicable aux personnes domiciliées hors de France.

Le cas particulier des non-résidents « Schumacker »

L’administration fiscale a tiré les conséquences d’une décision rendue par la Cour de Justice en admettant de traiter certains non-résidents comme s’ils étaient résidents en ce qui concerne l’impôt sur le revenu. Ainsi, les personnes non-résidentes fiscales françaises qui tirent la majeure partie de leurs revenus de France peuvent demander à être assimilés à des résidents fiscaux français pour le calcul de l’impôt sur le revenu, sous réserve du respect de certaines conditions. 

Le taux minimum n’est alors pas applicable et ils peuvent bénéficier de la déduction de certaines charges du revenu global et des réductions et crédits d’impôt. 

L’imposition dans l’État de résidence

L’imposition dans l’État de résidence

Le fait d’être soumis à une imposition en France n’exonère par le contribuable non-résident de déclarer les revenus et actifs concernés dans son pays de résidence fiscale (sous réserve des dispositions des conventions fiscales). 

Les conventions fiscales précisent les modalités d’élimination des doubles impositions le cas échéant. En l’absence de convention, certains droits internes peuvent prévoir des mécanismes de déduction de l’impôt étranger. 

Les modalités d’imposition des non-résidents peuvent être complexes et varient selon le pays de résidence et l’existence, ou pas, de conventions fiscales. Une bonne compréhension de ses obligations fiscales sera primordiale pour être en règle vis-à-vis de l’administration fiscale.

Nos équipes se tiennent à votre disposition pour vous conseiller avant votre départ de France, pendant la durée de votre séjour à l'international et à votre retour en France.

Christine Correard Responsable Pôle International ‑ Service Ingénierie Patrimoniale

Partager cette publication

L'Académie en vidéo

Nous Contacter
Découvrir également
 
En cours de vie, une société peut transférer son siège social d’une ville vers une autre, de la France vers l’étranger ou inversement. Ces différentes opérations emportent des conséquences fiscales importantes et nécessitent le respect de procédures particulières auprès des Greffes et organismes assimilés de départ et d’accueil.
Différentes formalités nécessitent d’être réalisées avant le départ (immigration, protection sociale, formalités fiscales…), mais également post-départ de France.
Dans un contexte international, il convient de déterminer quelle loi successorale sera applicable à la succession. La loi successorale permet de désigner qui sont les héritiers et quelle sera leur part dans la succession du défunt, les droits du conjoint, etc.
Contrairement à certaines idées reçues, il ne suffit pas de partir travailler à l’étranger et de s’y installer pour bénéficier du statut de non-résident fiscal français. De la même façon, le seul déménagement en France ne permet pas d’être considéré comme ayant son domicile fiscal en France.
Lorsqu’un contribuable fiscal français s’expatrie et qu’il transfère son domicile fiscal hors de France, ce transfert peut entrainer l’imposition immédiate des plus-values latentes sur les droits sociaux à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux.
Une convention fiscale est un traité international qui prime sur le droit interne des Etats et permet de régler tout ou partie de leurs relations fiscales. En l’absence de traité, chaque pays concerné applique librement son droit interne, d’où un risque de double imposition.
Les personnes qui arrivent en France ou qui rentrent en France, sans y avoir été domiciliées fiscalement pendant les 5 années civiles précédant leur prise de fonction en France, peuvent, sous réserve de remplir certaines conditions, prétendre au statut « d’impatrié » et bénéficier de certains avantages fiscaux.
La notion d’établissement stable est un concept fiscal important qui permet d’apprécier si des activités industrielles ou commerciales qui sont exercées dans un autre État sont imposables dans cet autre État ou dans l’État de résidence de l’entreprise.
La loi française prévoit différents régimes matrimoniaux que les époux peuvent choisir et aménager, et applique par défaut un régime de communauté d'acquêts. Qu'en est-il des régimes matrimoniaux à l'international ?
La couverture santé est le socle de la protection familiale. Les travailleurs Français qui exercent leur activité professionnelle à l’étranger peuvent avoir, en droit de la sécurité sociale, le statut de travailleur expatrié ou le statut de travailleur détaché.
Les travailleurs français qui exercent leur activité professionnelle à l’étranger peuvent avoir, en droit de la sécurité sociale, le statut de travailleur expatrié ou le statut de travailleur détaché.
Effectuer une partie de sa carrière à l’international peut rendre complexe le calcul des droits à la retraite. Cotisation au régime de retraite français ou local, incidence liée à mon pays d’expatriation ou durée de mon séjour à l’étranger : autant de facteurs à prendre en compte pour préparer sereinement votre retraite.