Vers une 4ème année de progression des marchés actions ?
L'année 2026 s'annonce sous le signe d'une croissance économique modeste mais généralisée, portée par des politiques monétaires et budgétaires accommodantes sans précédent en temps de paix. Dans ce contexte favorable mais non dénué de risques, nous privilégions une approche équilibrée combinant exposition aux marchés actions, diversification géographique et sectorielle, ainsi qu'un positionnement stratégique sur les obligations européennes.
Un environnement porteur pour les actions
Un environnement porteur pour les actions
Les marchés actions mondiaux bénéficient d'un contexte économique favorable. Aux États-Unis, la consommation des ménages aisés reste dynamique, soutenue par les effets de richesse générés par la hausse des boursiers. Les investissements massifs dans l'intelligence artificielle (IA) continuent d'alimenter la croissance. En Europe, l'énorme plan de relance budgétaire allemand et l'augmentation des dépenses de défense à travers le continent devraient stimuler significativement l'activité manufacturière. La Chine, de son côté, voit émerger un nouveau dynamisme entrepreneurial illustré par les avancées technologiques comme DeepSeek, tandis que la stabilisation graduelle du marché immobilier améliore la confiance des consommateurs.
Néanmoins, la concentration extrême des indices américains sur les valeurs technologiques constitue un risque majeur. Les Sept Magnifiques et leurs pairs représentent désormais une part disproportionnée de la capitalisation boursière mondiale, avec des valorisations élevées reposant sur des hypothèses optimistes concernant la monétisation de l'intelligence artificielle (IA). Cette concentration rappelle d'autres épisodes historiques dont le dénouement n’avait pas été sans heurt : la bulle technologique de 1999-2000, ou encore la concentration des conglomérats japonais à la fin des années 1980. C'est pourquoi la diversification devient impérative.
La diversification géographique comme bouclier
Plutôt que de concentrer l'exposition sur le marché américain, nous recommandons une diversification géographique équilibrée. L'Europe offre des opportunités attractives avec des valorisations raisonnables : l'indice MSCI Europe ex-UK se négocie avec une décote de 35 % par rapport aux États-Unis, l'écart le plus important jamais enregistré, alors que l'écart de croissance des bénéfices entre les deux régions pourrait se réduire en 2026.
Les actions européennes devraient également bénéficier du ralentissement ou de l'arrêt de l'appréciation de l'euro. Rappelons que près de la moitié du chiffre d'affaires des entreprises européennes provient de l'international, et que l'appréciation de l'euro en 2025 a pesé lourdement sur leurs résultats traduits en devise locale. Au sein de l'Europe, nous aimons :
- Les bénéficiaires des dépenses budgétaires, notamment dans les secteurs de la défense et des infrastructures. Le plan allemand de 500 milliards d'euros sur dix ans et l'objectif de 3 % du PIB en dépenses de défense à travers l'Europe créent une dynamique structurelle de long terme.
- Les grandes capitalisations européennes de qualité (faible endettement, flux de trésorerie prévisible) qui offrent une exposition à l'IA et à la transition énergétique à des valorisations plus attractives que leurs homologues américaines (décote de 25 à 40 %).
La Chine, malgré ses défis structurels (démographie et surendettement), offre une exposition au thème de l'IA à des multiples plus raisonnables que leurs homologues américaines. Les entreprises technologiques chinoises se négocient à 25x les bénéfices anticipés contre 31x aux États-Unis, tout en affichant des perspectives de croissance supérieures (15 % contre 12 %). L'émergence de champions comme DeepSeek démontre que l'innovation chinoise reste vigoureuse, malgré les restrictions américaines sur les semi-conducteurs avancés.
Diversification sectorielle : au-delà de la technologie
La concentration sectorielle constitue un risque symétrique à la concentration géographique. Les secteurs de la technologie et des services de communication représentent désormais 37 % de l'indice mondial MSCI All Country World, contre 20 % il y a dix ans. Nous recommandons d'équilibrer cette exposition par des secteurs défensifs aux valorisations redevenues raisonnables après deux années de sous-performance marquée : santé, consommation de base, services aux collectivités. Ces secteurs, moins liés au développement des infrastructures technologiques, offrent une protection en cas de déception sur la monétisation de l'IA, tout en générant des flux de trésorerie prévisibles et des dividendes attractifs (rendements de 4 %).
Obligations 2026 : privilégier le portage et la qualité
Dans un environnement où les spreads de crédit (primes de risque par rapport aux obligations d’État) se sont considérablement resserrés, la qualité doit redevenir le maître-mot. Sur le segment high yield, la sélectivité devient cruciale. Plutôt que de rechercher du rendement en descendant vers les obligations les moins bien notées (CCC), nous préconisons de se concentrer sur les notations BB et B. Ces émetteurs offrent un compromis attractif entre rendement additionnel et risque de défaut maîtrisé (taux de défaut historique inférieur à 3 %).
L'orientation majeure pour 2026 consiste à privilégier le portage plutôt que la recherche de plus-values en capital. Les rendements globaux demeurent attractifs en termes absolus malgré le resserrement des spreads. La stratégie de portage présente l'avantage de la prévisibilité : contrairement aux plus-values en capital qui dépendent de l'évolution favorable des conditions de marché, le portage s'accumule de manière régulière, pour autant que les émetteurs ne fassent pas défaut.
Nous recommandons, par ailleurs, de céder les positions en fonds monétaires dont le rendement est désormais tombé sous 2 % en zone euro, soit à peine supérieur à l'inflation anticipée. Ces liquidités peuvent être redéployées vers des obligations à échéance courte (2-3 ans).
Le dollar toujours sous pression
Sur le front des devises, nous anticipons la poursuite de la faiblesse du dollar américain face à l'euro et aux autres principales devises. Le différentiel de taux d'intérêt entre la Fed et la BCE continue de se réduire, les déficits jumeaux américains (budgétaire et commercial) restent importants.
L'équilibre comme principe directeur
L'année 2026 offre des opportunités attractives pour les investisseurs qui sauront construire des portefeuilles équilibrés et diversifiés. La tentation de suivre la concentration extrême des indices sur les valeurs technologiques américaines doit être évitée. Notre stratégie privilégie donc une exposition aux marchés actions via une diversification géographique et sectorielle rigoureuse, combinée à des positions de portage sur l'obligataire européen de qualité. Dans un monde d'incertitudes croissantes, la diversification reste la seule véritable assurance gratuite dont disposent les investisseurs.
Parlons Patrimoine Janvier 2026
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Questions fréquentes
Définir son profil investisseur permet d’adapter sa stratégie d’investissement à sa tolérance au risque, à ses objectifs et à son horizon de placement. Cela aide à construire une allocation cohérente et à mieux gérer la volatilité des marchés.