L’ALLIANCE DE COMPÉTENCES POUR UNE EXPÉRIENCE PATRIMONIALE SINGULIÈRE
31 janvier 2026

La doctrine Donroe : comment Trump redessine l'ordre économique mondial en 2026

Malgré les multiples défis qui caractérisent cette décennie, la croissance économique mondiale devrait faire preuve de résilience et atteindre 3,1 % en 2026. Aux États-Unis, l'économie devrait afficher une croissance de 2 %, conforme à son rythme tendanciel. Cette performance s'appuie sur la robustesse de la consommation des ménages, notamment ceux à revenus moyens et supérieurs, et sur l'impact croissant des investissements massifs dans l'intelligence artificielle (IA).  

Toutefois, l'année devrait débuter sur une note plus prudente. Les droits de douane maintenus à environ 18 % continueront de peser sur les prix et les exportations, tandis que le marché du travail pourrait connaître des turbulences avec une diminution des offres d'emplois. C'est dans la seconde moitié de l'année que la reprise devrait s'accélérer, portée par des réductions d'impôts ciblées à l'approche des élections de mi-mandat. 

En Europe, la zone euro devrait dégager une croissance plus modeste d'environ 1 %, mais avec une trajectoire ascendante au fil de l'année. L'Allemagne pourrait enfin redevenir un moteur de la croissance européenne grâce à son ambitieux plan d'investissement dans les infrastructures et la défense, représentant plus de 20 % du PIB.  

Pour la région Asie-Pacifique hors Japon, la croissance devrait rester robuste à près de 5 %. La Chine se fixe un objectif de 4,5 à 5 %, plaçant l'innovation technologique et la modernisation industrielle au cœur de son nouveau plan quinquennal.  

Si 2026 présente des perspectives macroéconomiques encourageantes, c'est en grande partie grâce à l'extraordinaire dynamique déclenchée par l'intelligence artificielle. Les investissements dans l'IA devraient atteindre de nouveaux records. L'adoption rapide de l'IA commence à produire des effets tangibles sur la productivité.  

Le nouvel ordre mondial trumpien : la doctrine Donroe

Le nouvel ordre mondial trumpien : la doctrine Donroe

L'agenda commercial et géopolitique de l'administration Trump est en train de redessiner profondément l'architecture économique mondiale, avec des conséquences majeures pour les marchés financiers et les devises en particulier. Au cœur de cette recomposition se trouve ce que certains analystes appellent désormais la "doctrine Donroe", une réinterprétation expansionniste de la doctrine Monroe du XIXe siècle. 

Cette nouvelle doctrine se manifeste de manière spectaculaire sur plusieurs théâtres géographiques distincts. Au Venezuela, l'enjeu dépasse largement les considérations humanitaires : le pays détient les plus importantes réserves pétrolières prouvées au monde, et leur contrôle constitue un objectif stratégique majeur dans un contexte de transition énergétique paradoxalement gourmande en hydrocarbures.  

Spectaculaires également, les déclarations répétées de l'administration Trump concernant le Groenland. Riche en terres rares essentielles à la transition technologique et énergétique, le Groenland représente un enjeu géopolitique de première importance. Les tensions avec le Danemark sur ce dossier ont introduit une source inédite de friction au sein même de l'OTAN, avec des implications potentielles pour l'euro et les relations transatlantiques.  

Paradoxalement, cette fragmentation du commerce mondial pourrait aussi accélérer certaines tendances structurelles. La diversification des chaînes d'approvisionnement, particulièrement dans le secteur technologique, ouvre des opportunités substantielles en Asie du Sud-Est et en Inde. 

Pour l'Europe, ce nouvel ordre mondial représente à la fois un défi existentiel et une opportunité de consolidation stratégique. L'accent mis sur l'autonomie européenne, particulièrement dans les domaines de la défense, de la technologie et de l'accès aux matières premières critiques, devrait se traduire par des investissements massifs.  

Sur le plan des devises, cette recomposition géopolitique pèse sur le dollar américain, les investisseurs institutionnels cherchant à diversifier leurs réserves au-delà du billet vert.  

La Fed sous pression

Le changement de présidence à la tête de la Réserve fédérale en 2026 constitue potentiellement l'événement de politique économique le plus scruté de l'année. La question n'est pas seulement de savoir qui remplacera Jerome Powell, mais surtout de déterminer si l'administration Trump parviendra à infléchir durablement l'indépendance de l'institution monétaire américaine. Historiquement, l'indépendance de la Fed constitue un pilier fondamental de la stabilité financière américaine et mondiale. 

Dans un premier temps, les marchés obligataires seraient les plus vulnérables : une perte de crédibilité de la Fed sur sa capacité à contrôler l'inflation de manière indépendante pourrait faire grimper les rendements à long terme même si les taux directeurs baissent. Pour le dollar américain, les conséquences pourraient être encore plus profondes. La monnaie américaine tire une grande partie de sa force de la confiance dans les institutions américaines, notamment la Fed.  

Muriel Tailhades Directrice Générale Zenith AM

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