Professions libérales : quelles solutions pour bien préparer sa retraite ? Caractéristiques et solutions d’investissement
Médecins, pharmaciens, notaires, experts-comptables, architectes, vétérinaires… Les professions libérales bénéficient d’un régime de retraite spécifique, dont les règles diffèrent sensiblement de celles applicables aux salariés. Si l’organisation repose sur un socle commun, les modalités de cotisation et de calcul des droits varient fortement selon la profession exercée. Une particularité qui rend la préparation de la retraite particulièrement stratégique pour préserver son niveau de vie et anticiper sereinement la fin de carrière.
Comment fonctionne le régime de retraite de base des professions libérales ?
Les professions libérales relèvent généralement d'une architecture de retraite construite autour de deux régimes obligatoires :
- un régime de base commun géré par la Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse des Professions Libérales (CNAVPL), à l'exception des avocats affiliés à la Caisse Nationale des Barreaux Français (CNBF),
- un régime complémentaire administré par la section professionnelle correspondant au métier exercé.
Ces régimes de retraite fonctionnent selon un système de points : les cotisations versées au cours de la carrière permettent d'acquérir des points qui seront convertis en pension au moment du départ à la retraite.
Il est important de noter que, tout comme pour le régime général, le montant de la retraite peut être réduit par une décote si le nombre requis de trimestres n'a pas été cotisé.
Une autre similitude avec le régime général réside dans la possibilité de bénéficier d'une surcote si la durée d'assurance requise est dépassée, ce qui est souvent le cas pour une profession libérale. Le taux de surcote est cependant moins élevé que pour les salariés du privé : 0,75 % par trimestre supplémentaire, contre 1,25 % pour les salariés.
Derrière ce fonctionnement commun se cachent toutefois d'importantes disparités entre les différentes sections professionnelles, puisque le régime complémentaire est administré par la section professionnelle correspondant au métier exercé. Parmi les principales caisses figurent notamment la CARMF pour les médecins, la CAVP pour les pharmaciens, la CAVEC pour les experts-comptables et commissaires aux comptes… Mais certaines caisses couvrent plusieurs activités professionnelles. Ainsi, la CIPAV est à la fois la caisse des architectes, des ingénieurs, des techniciens, des géomètres, des psychologues, des diététiciens, des professions relevant d'activités artistiques et de conseil, des hôtesses, ainsi que des attachés de presse !
Ces régimes présentent des différences importantes, tant en matière de cotisations que d’acquisition des droits ou de liquidation de la pension.
À titre d'illustration, pour un revenu net annuel de 100 000 €, un expert-comptable affilié à la CAVEC cotisera à hauteur de 27 000 € pour ses régimes de retraite obligatoires, tandis qu'un notaire affilié à la CPRN supportera un effort de cotisation d’environ 14 000 €.
Cette diversité se retrouve également au niveau des prestations, avec des règles propres à chaque caisse en matière d’âge du taux plein, des coefficients de minoration ou de surcote, ainsi que des règles de fonctionnement de la réversion…
Il n’existe donc pas une stratégie unique de préparation de la retraite pour les professions libérales : elle doit être construite en fonction de la profession, de la caisse d’affiliation, du parcours professionnel et de la situation patrimoniale.
Optimiser ses droits avant la retraite
La préparation de la retraite ne consiste pas uniquement à constater les droits acquis. Plusieurs leviers peuvent permettre, selon les régimes, d’améliorer les prestations futures.
Cotiser dans une classe supérieure
Certaines caisses complémentaires permettent au professionnel libéral de choisir volontairement une classe de cotisation supérieure afin d’acquérir davantage de points. C'est notamment le cas de plusieurs régimes complémentaires libéraux tels que la CAVEC, CARPV (vétérinaires). Certaines caisses permettent aussi de bonifier la retraite de réversion via des aménagements de la cotisation (CAVEC, CPRN, CAVP…).
Racheter des droits
Le rachat d’années d’études ou d’années incomplètes peut également constituer un levier intéressant. Il peut permettre d’améliorer le taux de liquidation et de limiter l’impact d’une éventuelle décote. Selon les caisses, des possibilités de rachat de points au sein du régime complémentaire peuvent également exister.
L’intérêt d’un rachat doit toutefois être apprécié au regard de son coût, du gain de pension attendu et de la situation fiscale et patrimoniale du professionnel.
Anticiper la fin de carrière : une stratégie patrimoniale à construire suffisamment tôt
La réflexion sur la retraite ne se limite pas au montant de la pension. Profession exercée, caisse d’affiliation, niveau de revenus, âge, durée de carrière, fiscalité, patrimoine déjà constitué et objectifs à terme sont autant de paramètres à prendre en compte pour déterminer les leviers les plus pertinents. Le choix du moment du départ et les modalités de transition entre activité et retraite peuvent également avoir des conséquences patrimoniales importantes.
Le report de la date de liquidation, le cumul emploi-retraite ou encore la retraite progressive peuvent ainsi faire partie des options à étudier en fonction de la situation individuelle. Même si l’accès à la retraite progressive reste aujourd’hui limité pour les professions libérales.
La réforme des règles de cumul emploi-retraite à compter du 1er janvier 2027 renforce d’ailleurs l’importance d’anticiper ces choix et d’en mesurer les conséquences avant la cessation d’activité.
Plus la réflexion est engagée tôt, plus il est possible d’arbitrer entre acquisition de droits obligatoires, rachat éventuel, épargne retraite et placements patrimoniaux, tout en conservant une cohérence avec les autres objectifs du professionnel : protection de la famille, transmission, développement de l’activité ou préparation de la cessation d’entreprise.
La retraite des professions libérales ne se résume donc pas à une question de cotisations. Elle constitue un véritable sujet de stratégie patrimoniale, qui mérite d’être anticipé plusieurs années avant la cessation d’activité.
Constituer une épargne complémentaire : un enjeu patrimonial majeur
Même lorsque les régimes obligatoires ont permis de constituer des droits significatifs, ils ne garantissent pas nécessairement le maintien du niveau de revenus perçu pendant la vie professionnelle.
Pour un professionnel libéral, dont les revenus peuvent être élevés et évoluer fortement au cours de la carrière, la constitution progressive d’une épargne-retraite complémentaire peut donc jouer un rôle essentiel dans le maintien du niveau de vie à long terme.
- Le Plan d’Épargne Retraite (PER) constitue notamment un outil à étudier. Les versements volontaires peuvent, sous certaines conditions et dans les limites prévues par la réglementation, être déduits du revenu imposable. Cet avantage peut présenter un intérêt particulier pour les professionnels soumis à une fiscalité élevée.
- L’assurance-vie peut également compléter cette stratégie. Contrairement au PER, elle conserve une grande disponibilité de l’épargne et offre une souplesse importante dans la gestion et la transmission du patrimoine.
Les deux enveloppes peuvent ainsi répondre à des objectifs différents et être combinées dans une stratégie patrimoniale globale.
Du côté des supports d'investissement, l'assurance-vie et le Plan d’Épargne Retraite (PER) donnent accès à une multitude de possibilités, des fonds en euros innovants aux unités de compte, en passant par l'immobilier.
Il revient à l’épargnant de choisir l'allocation d'actifs qui lui convient le mieux, s'il a opté pour la gestion libre. En restant prudent : si des risques sont permis, en privilégiant les unités de compte, par exemple, quand on est encore loin de l'échéance de la retraite. Cependant, mieux vaut faire preuve de prudence quand on s'en approche, cette fois en favorisant les fonds moins risqués.
Si l'investisseur fait le choix d'une gestion pilotée, plutôt que d'une gestion libre, c'est à l'assureur d'investir les capitaux qui lui sont confiés, et d'opérer les meilleurs arbitrages par rapport à sa situation et son profil d'investisseur (équilibré, prudent ou dynamique), mais aussi en fonction de l'évolution des marchés financiers.
Il est également possible de recourir à un mandat de gestion. Au travers d’un mandat de gestion, la société de gestion sélectionnée s'engage à gérer les actifs financiers conformément aux objectifs de performance et au profil déterminé.
Avec plus de 30 années d'expérience, les équipes Laplace accompagnent les professionnels libéraux dans la construction d'une stratégie de retraite adaptée à leur régime obligatoire, leur fiscalité et leurs objectifs patrimoniaux.
avec un conseiller
Laura Castineiras Responsable Ingénierie sociale en Rémunération et Protection sociale
