Publié le 16 février 2024

2024, une année normale ?

La tentation est grande, après une année 2023 de bonne facture, de temporiser et conseiller aux clients particuliers de réduire les risques sur les allocations à un moment où l’activité économique ralentit.

Il sera difficile de rééditer les performances soutenues des thèmes les plus en vogue en 2023 (cf. les  « 7 magnificients »). Cependant, l’inflation paraît maîtrisée et les économistes envisagent un atterrissage en douceur de l’activité vers un régime de croissance faible (prudence des chefs d’entreprise, maintien de la consommation) mais non récessif. 

2024 pourrait ainsi s’avérer une année « normale » : les taux monétaires (3,9 % en zone Euro) devraient se maintenir légèrement au-dessus de l’inflation avant de refluer vers 2,5 % / 3 %. Les obligations d’entreprises - en combinant obligations de qualité et haut rendement - permettent de cristalliser aujourd’hui des rendements compris entre 4 % et 5 % sur les trois prochains exercices.

Sur des horizons plus longs, les actions restent globalement attractives en Europe, avec des multiples de 13 fois les résultats attendus en 2024 et un dividende moyen de 3,5 %. Cependant, cet indicateur ne reflète pas les disparités entre secteurs. Les thématiques les plus cycliques ou sujettes à des changements économiques profonds (automobile, banques, énergie) montrent des multiples de résultats fortement décotés (inférieurs à 8) lorsque les thématiques plus orientées qualité/croissance s’échangent sur des multiples supérieurs à 20 fois les résultats attendus, reflétant ainsi les principaux enjeux économiques (ralentissement de l’activité, transition énergétique, disruption…). Le maintien d’une approche diversifiée entre ces thèmes est une nécessité pour contenir les deux grands types de risques (multiples de valorisation, exigeants pour les uns, « value trap » pour les autres).

En définitive, dans un monde financier redevenu apparemment « normal », les obligations, longtemps délaissées pour les fonds Euro, retrouvent leur place dans les allocations pour constituer une réserve à moyen terme, les actions peuvent attirer des capitaux pour peu que les investisseurs aient du temps devant eux.

Ces approches classiques peuvent être affinées de plusieurs manières pour la partie dynamique. En premier lieu, les produits structurés peuvent également apporter leur contribution dans un contexte de croissance « molle ». En second lieu, après trois années de sous performance, les petites et moyennes capitalisations redeviennent attractives. Enfin, la volatilité étant une constante dans le fonctionnement des marchés actions, les investisseurs les plus frileux pourront réduire leur exposition naturelle au risque, afin de définir une enveloppe d’actif court terme qui pourrait être redéployée vers les actifs risqués lors des phases de correction.

Thématiques : Actualité financière

François Jubin

Senior Advisor

À lire dans la même catégorie
 
26 juin 2026

À l’instar de la révolution industrielle au XIXᵉ siècle, qui a profondément transformé les modes de production et l’économie mondiale, l’intelligence artificielle pourrait marquer une nouvelle étape majeure de transformation économique. Au-delà de l’engouement qu’elle suscite, elle s’impose déjà comme un moteur d’innovation aux conséquences potentiellement durables pour les entreprises et les marchés.

25 juin 2026

Vous avez de l'argent sur un livret A, un fonds en euros, peut-être un compte à terme. Le capital est là, intact, garanti. Mais est-il vraiment protégé pour conserver sa valeur dans le temps ? Un capital peut sembler préservé en apparence tout en s’érodant progressivement sous l’effet de l’inflation.

24 juin 2026

La réforme de l’assiette sociale des travailleurs indépendants ne se limite pas à une simplification administrative. En renforçant la part des cotisations ouvrant des droits individuels, notamment à la retraite, elle pourrait avoir des conséquences significatives sur les stratégies de rémunération et de protection des dirigeants.

18 juin 2026

En 2025, le déficit budgétaire de l’État a atteint 124,2 Md€, soit une réduction de 31,7 Md€ par rapport à l’année précédente. Pour tenter de réduire ce déficit, le gouvernement a mis en place de nouveaux impôts destinés aux contribuables particuliers et à leurs sociétés holdings : la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) en 2025 et la taxe sur les holdings en 2026.

18 juin 2026

La loi de finances pour 2026 a instauré une taxe sur les sociétés holdings qui détiennent des actifs non affectés à une activité économique. Seules les sociétés dont la valeur totale des actifs est supérieure ou égale à 5 millions d’euros et qui perçoivent des revenus dits  « passifs »  (dividendes, intérêts, loyers, produits de droits d’auteur…) pour un montant supérieur à 50 % des produits d’exploitation et financiers sont soumises à ce nouvel impôt.

28 mai 2026

Il y a deux mois, un cessez-le-feu était conclu entre les États-Unis et l'Iran. Il devait durer deux semaines, le temps d'ouvrir la voie à des négociations. Deux mois plus tard, le détroit d'Ormuz reste fermé au trafic commercial, les pourparlers avancent en dents de scie, et l'espoir d'un accord annoncé ces derniers jours vient de se heurter, une fois de plus, aux réalités du terrain.