avec un conseiller
Pétrole : une détente attendue, mais pas avant l'hiver
Le Brent évolue autour de 100 dollars le baril. L'offensive des Houthis sur le détroit de Bab el-Mandeb et l'impasse diplomatique entre Washington et Téhéran ont fait rebondir les cours ces dernières semaines.
À court terme, la visibilité est réduite
Les tensions se sont un peu assouplies ces derniers jours, mais la voie diplomatique reste sans issue. Le risque d'escalade demeure élevé avant les élections de mi-mandat américaines du 3 novembre, car Téhéran et ses alliés pourraient être tentés de mettre Donald Trump encore un peu plus en difficulté. Il est possible que le Brent retrouve des cours proches des 110 dollars.
Les facteurs de rappel sont néanmoins puissants. Donald Trump subit des pressions inédites depuis l'escalade de mars : prix de l'essence sur des niveaux records, remontée des taux longs, échéance électorale… En face, l'Iran s'épuise sous l'effet du blocus et des sanctions : le rial s'effondre et l'inflation y dépasse 87 %. Ni Washington ni Téhéran ne peuvent supporter cette situation pendant de longs mois encore. Ce n'est pas pour autant la paix : le scénario central reste celui d'un "conflit larvé", long, qui repousse la normalisation des prix sans l'annuler.
Côté offre, les signaux sont plutôt encourageants
Le trafic des pétroliers indique une reprise des flux dans le détroit d'Ormuz, grâce à la sécurisation d'un couloir maritime par les États-Unis et les pays du Golfe qui continuent d'exporter. L'Arabie saoudite conserve des marges de manœuvre et les oléoducs, comme les routes alternatives, sont de mieux en mieux exploités. Mais, ces flux ont un coût : le fret d'un pétrolier depuis le Golfe a presque triplé depuis juillet. Hors du Golfe, les États-Unis, le Venezuela, le Brésil et le Guyana accroissent leur production. La refonte des quotas de l'OPEP+, attendue le 29 novembre, devrait aussi libérer des volumes.
Les stocks restent le point d'attention
Les réserves stratégiques américaines sont passées d'environ 415 à 285 millions de barils depuis le début du conflit. Leur utilisation a récemment ralenti par prudence, tandis que la Chine a recommencé à augmenter ses importations. Le coussin de sécurité existe encore, mais il s'amenuise. Tout l'enjeu est qu'une circulation suffisante reprenne dans le Golfe avant que ces stocks n'atteignent des niveaux critiques.
Si ce scénario se confirme, le marché reviendrait en excédent en 2027. Trois conditions y concouraient : des flux dans le Golfe autour de 75 % de leur niveau d'avant-guerre, une offre hors Golfe en hausse et une légère baisse durable de la demande. Le Brent reviendrait alors vers 85 dollars fin 2026. La courbe des contrats à terme va dans le même sens, avec un baril sous 80 dollars à horizon 2028.
Deux zones de fragilité devraient toutefois perdurer
Les produits raffinés, d'abord
Les capacités de raffinage continuent d'être détruites en Russie et les raffineries américaines tournent à 97,5 %, un niveau difficilement soutenable. Le diesel et l'essence devraient donc rester chers plus longtemps que le brut.
Le gaz, ensuite
Des stocks européens bas, la concurrence des acheteurs asiatiques et les aléas climatiques font peser des risques haussiers sur l'hiver.
L'énergie continuera d'alimenter l'inflation. Elle le fera d'abord directement, à la pompe et sur les factures, puis indirectement, par les coûts de transport et de production. Les banques centrales, qui ont déjà dû relever leurs taux, resteront donc vigilantes cet hiver. À l'inverse, un retour du Brent vers 85 leur donnerait de l'air en 2027 en faisant refluer l'inflation. Les taux longs en profiteraient.
Achevé de rédiger le 23/09/2026