avec un conseiller
La grande ruée vers l'IA : faut-il y croire et comment y participer intelligemment ?
Au milieu du XIXᵉ siècle, la révolution industrielle bouleversait les équilibres économiques. Le développement du chemin de fer, de la machine à vapeur et des grandes infrastructures transformait durablement les modes de production, les échanges et les sociétés. Les investisseurs se précipitaient alors vers les entreprises perçues comme les grandes gagnantes de cette nouvelle ère. Certains s'enrichirent. D'autres perdirent tout. Une certitude demeure toutefois : la révolution industrielle a profondément remodelé l’économie mondiale.
L’essor de l’intelligence artificielle présente aujourd’hui des similitudes. Au-delà des valorisations et de l’engouement qu’elle suscite, cette technologie pourrait constituer l’une des transformations économiques les plus significatives de notre époque.
Le signal le plus spectaculaire de cet emballement ?
Une vague d'introductions en bourse sans précédent historique. SpaceX, le lanceur spatial d'Elon Musk devenu géant de la connectivité satellitaire via Starlink, vient de lever environ 86 milliards de dollars lors de son entrée en bourse. Un record mondial absolu, supérieur à celui de Saudi Aramco en 2019. Dans la foulée, Anthropic (le concepteur du chatbot Claude) et OpenAI (créateur de ChatGPT) pourraient elles aussi entrer en bourse dans les prochains mois, pour des montants qui donneraient le vertige. À titre de comparaison, l'ensemble du marché des introductions en bourse américain représentait 77 milliards de dollars l'an dernier. Ces trois sociétés à elles seules pourraient lever 200 milliards en quelques mois.
Pourquoi maintenant ?
Pourquoi maintenant ?
Parce que la course à l'IA est devenue extraordinairement gourmande en capitaux. Construire les meilleurs modèles, les infrastructures cloud, les centres de données : tout cela coûte des dizaines de milliards. Ces entreprises viennent chercher sur les marchés publics ce que même les plus grands fonds d'investissement privés ne peuvent plus financer seuls.
Qui a gagné jusqu'ici ?
Les grands bénéficiaires de cette révolution ont été, jusqu'à présent, les fabricants de semi-conducteurs, les « pelles et pioches » de la ruée vers l'or numérique. Nvidia en tête, dont les puces sont devenues l'infrastructure indispensable de tout système d'IA. La composante technologique du S&P 500 a progressé d'environ 45 % depuis fin mars. Une performance que l'on n'avait plus vue depuis la bulle Internet des années 1996-2000. De quoi faire tourner les têtes…
Faut-il s'inquiéter ?
Il ne faut pas paniquer, mais garder les yeux ouverts. Les valorisations des leaders des semi-conducteurs sont désormais très élevées, intégrant des scénarios de croissance ambitieux. Les introductions en bourse, passionnantes à court terme, ont historiquement tendance à décevoir sur trois ans une fois l'euphorie retombée. Ces nouvelles règles d'inclusion accélérée dans les grands indices boursiers (Nasdaq, S&P 500) vont mécaniquement amplifier les mouvements de marché… et ce dans les deux sens.
Faire partie de la fête, oui mais avec prudence
La révolution IA est bien réelle. Toutefois, l’histoire des grandes révolutions technologiques montre que les entreprises les plus médiatisées ne sont pas nécessairement celles qui créent le plus de valeur pour les investisseurs sur le long terme.
Dans ce contexte, la diversification demeure un principe fondamental. S’exposer à cette thématique peut être pertinent, mais sans concentrer excessivement son patrimoine sur quelques valeurs emblématiques. Une allocation équilibrée, diversifiée entre secteurs, zones géographiques et classes d’actifs, permet de participer aux opportunités de croissance tout en limitant l’impact des corrections de marché, inhérentes à tout cycle d’investissement.
En matière patrimoniale, la performance durable repose rarement sur les effets de mode, mais davantage sur la discipline, la diversification et une vision de long terme.
diversification réussie