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23 juillet 2026

Guerre en Iran : quel impact sur le pétrole et vos placements ?

Après un calme relatif en juin grâce à un accord préliminaire entre l'Iran et les États-Unis, les tensions sont reparties début juillet. L'Iran a attaqué trois pétroliers dans le détroit d'Ormuz. Les États-Unis ont répondu par des frappes militaires et ont suspendu l'allègement des sanctions sur le pétrole iranien qui avait été convenu quelques semaines plus tôt.

Cet accord prévoyait une période de négociation de 60 jours. Trois sujets sont dans l’impasse : la libre circulation des bateaux à Ormuz, le programme nucléaire iranien et son programme de missiles. Notre lecture est qu'il s'agit, pour l'instant, d'un rapport de force plutôt que d'une rupture : chaque camp cherche à obtenir le maximum de concessions avant de revenir à la table des négociations. Un compromis reste envisageable.

Et le prix du pétrole ?

Le trafic de pétroliers dans le détroit, qui s'était bien redressé mi-juin, a de nouveau chuté. Le prix du baril, retombé à 70 dollars fin juin, est remonté vers 90 dollars. Bonne nouvelle : le monde n'est pas démuni face à ce genre de choc. Les pays du Golfe peuvent faire passer une partie de leur pétrole par d'autres routes, l'Irak a rouvert un oléoduc, les réserves stratégiques internationales peuvent être mobilisées, et du pétrole russe supplémentaire peut être débloqué. Résultat : la perte réelle d'approvisionnement mondial reste limitée, de l'ordre de 3 millions de barils par jour sur un marché qui en consomme environ 100 millions.

Notre scénario central reste celui d'un baril autour de 75 dollars d'ici la fin de l'année si la situation se calme progressivement, ce que pensent aussi les marchés financiers. Un scénario plus tendu, avec une aggravation durable du conflit, pourrait pousser le baril vers 100 dollars. Il est probable que le prix du pétrole reste un peu plus élevé qu'avant la crise pendant encore un moment : l'histoire montre qu'après un conflit, des soubresauts sont fréquents pendant plusieurs années avant un retour à une situation stable.

Quel impact sur la croissance et sur vos placements ?

Quel impact sur la croissance et sur vos placements ?

Cette incertitude pèse sur l'activité économique mondiale : les indicateurs récents montrent une croissance un peu moins dynamique qu'avant la crise. Les marchés actions ont connu des mouvements erratiques ces dernières semaines, marqués à la fois par des inquiétudes sur les valorisations de la technologie et par ces tensions au Moyen-Orient.

Faut-il s'inquiéter pour autant ?

Pas de panique de notre côté. Ce type d'épisode géopolitique, aussi impressionnant soit-il dans l'actualité, ne remet pas en cause les grands équilibres économiques mondiaux : la croissance reste positive et les mécanismes de régulation du marché pétrolier (réserves, routes alternatives) ont montré leur efficacité. Dans ce contexte, nous restons prudents mais confiants : nous privilégions une gestion équilibrée et diversifiée sur un plan géographique et sectoriel. L'essentiel, pour un épargnant, est de garder une vision de long terme : ces épisodes de tension, même marquants, s'inscrivent dans le temps long des marchés, qui ont toujours su traverser ce type de crise.

Muriel Tailhades Directrice Générale Zenith AM

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