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29 octobre 2026

Dette française : une fièvre à prendre au sérieux, sans céder à la panique

La France n’avait pas connu pareille tension sur sa dette depuis la crise de la zone euro, il y a près de quinze ans. Le taux auquel l’État emprunte à dix ans a dépassé 5 %, un niveau inédit depuis 2002. L’écart de taux avec l’Allemagne, qui sert de référence en Europe, a quant à lui plus que doublé depuis l’été. La France paie aujourd’hui plus cher que l’Italie, l’Espagne ou la Grèce pour se financer.

Une partie de ce mouvement est technique

Des fonds spéculatifs qui avaient parié sur la dette française ont dû vendre en urgence pour limiter leurs pertes. Ces ventes forcées sont aujourd’hui largement passées, et les investisseurs de long terme reviennent.

Le reste traduit des inquiétudes réelles. L’économie française ralentit alors que celle de ses voisins tient bon, freinée par les mouvements sociaux et l’instabilité politique. La présidentielle de 2027 fait craindre l’arrivée d’une majorité peu soucieuse des comptes publics. Et le budget 2027 doit encore être adopté d’ici la mi-décembre : sans lui, le déficit risquerait de déraper au-delà de 5,5 % de la richesse nationale, et la France pourrait perdre l’accès au filet de sécurité que la Banque centrale européenne réserve aux pays qui respectent leurs engagements.

Des risques à relativiser

Ces risques sont sérieux, et ils ne disparaîtront pas avant les élections. Mais ils ne remettent pas en cause la solidité du pays. Une grande agence de notation vient d’ailleurs de maintenir la note de la France, en écartant tout risque de défaut. Ses raisons sont concrètes. La dette est empruntée en moyenne sur plus de huit ans, ainsi la hausse des taux ne pèse que progressivement sur les finances de l’État, qui paie encore un taux moyen d’environ 2 %. Le pays conserve une forte capacité à lever l’impôt et les ménages français disposent d’un patrimoine considérable, qui a plus que triplé en trente ans. Les banques sont peu exposées et les grandes entreprises continuent de se financer sans difficulté.

Pour l’épargnant, cette période a aussi un bon côté

Pendant des années, les obligations européennes ne rapportaient presque rien. Ce n’est plus le cas. Les grandes entreprises européennes offrent des rendements intéressants. Les taux pourront encore connaître des à-coups au gré du calendrier politique, en particulier sur les échéances longues. Mais pour un investisseur qui accepte de conserver ses placements dans la durée, la hausse récente des taux en Europe est aussi une occasion de s’assurer des revenus réguliers à un niveau attractif.

Achevé de rédiger le 29/10/2026

Muriel Tailhades Directrice Générale Zenith AM

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