Publié le 29 février 2024

Regards croisés - Portrait d'Arnaud Vaissié, co-fondateur et président d'International SOS et président de CCI France International

Arnaud Vaissié est le cofondateur et le Président-directeur général d’International SOS, leader mondial de la maîtrise des risques de santé et de sécurité pour les collaborateurs d’entreprises ou employés gouvernementaux. Il est également le président de CCI France International, le réseau qui regroupe 125 Chambres de commerce et d’industrie françaises dans 95 pays.

C’est à cet effet, et dans le cadre du partenariat avec Laplace, que Julien Male, Directeur Général Adjoint, a eu le privilège d’échanger avec lui.

Tout d’abord, pourriez-vous nous présenter votre parcours entrepreneurial ?

J’ai une expérience entrepreneuriale assez riche. Après avoir occupé un poste de cadre pour le compte d’un groupe financier allemand aux États-Unis, j’ai eu l’opportunité de co-fonder International SOS il y a plus de 35 ans à Singapour, en collaboration avec le Dr Rey-Herme. Nous avons initié notre entreprise à Singapour, puis nous l’avons étendue à travers l’Asie, les États-Unis et enfin l’Europe. Mon rôle s’est ensuite concentré sur l’implantation et la direction du groupe en Europe. Aujourd’hui, International SOS est devenu le leader mondial dans son domaine, comptant plus de 14 000 salariés, dont 1 400 médecins, et une présence dans 90 pays.

Et en ce qui concerne CCI France International, quelles sont vos responsabilités ?

CCI FI est un réseau de Chambres de commerce françaises et internationales, dont j’ai déjà été président de 2013 à 2019, et de nouveau depuis 18 mois où j’ai repris la présidence de ce réseau. C’est un magnifique réseau qui est présent dans plus de 94 pays, avec près de 850 collaborateurs, qui représente les intérêts des entreprises françaises à travers le monde. CCI FI est la première communauté d’affaires française à l’international.

Pouvez-vous nous parler des missions que développe CCI FI auprès des entreprises françaises ?

Les chambres de commerce françaises à l’international jouent un rôle crucial en tant que système de représentation des entreprises françaises dans chaque pays où elles sont implantées. Nos missions sont de plusieurs ordres.

Tout d’abord, nous travaillons au développement du commerce bilatéral, facilitant ainsi les échanges entre les entreprises françaises et celles des pays hôtes. Nous aidons également les entreprises à s’installer dans ces pays en mettant en place des systèmes d’implantation et des centres d’affaires, que nous appelons les boosters. Ces espaces permettent aux PME de disposer d’un lieu où installer leurs collaborateurs le temps de s’acclimater au climat des affaires locales.

En plus, nous nous engageons dans du lobbying auprès des pouvoirs publics pour défendre les intérêts des entreprises françaises dans le pays où elles opèrent. Parallèlement, nous avons pour objectif de créer une vie communautaire dynamique à travers l’organisation d’événements. Nous organisons près de 5 000 évènements par an, offrant aux entreprises françaises un réseau d’échanges et de rencontres propices au développement de leurs activités à l’international.

En tant qu’accompagnateur des entrepreneurs français, pensez-vous que l’offre est en train de se structurer ? Quelle place va prendre CCI FI au milieu de ce système ?

Actuellement, nous observons effectivement une multiplicité d’acteurs dans ce domaine, ce qui témoigne de l’importance et de la complexité de cette activité. L’essentiel est que ces acteurs travaillent de manière complémentaire. Nous travaillons de manière très rapprochée avec Business France. En tant que prestataire de services publics, nous sommes mandatés par Business France pour assurer certaines activités de soutien au commerce international dans plusieurs pays. Nous avons 61 chambres référencées vers lesquelles Business France oriente les entreprises souhaitant s’implanter à l’étranger.

Au cours des cinq ou dix dernières années, avez-vous le sentiment que les PME qui se lancent à l’export sont mieux considérées ?

Partir à l’export, c’est par définition compliqué et les PME auront besoin d’aide et d’accompagnement pour réussir. Le fait que ce soit compliqué, c’est un peu la nature des choses, il ne faut pas espérer que l’export soit facile. Au cours des cinq dernières années, nous avons observé une amélioration de la qualité de soutien apporté aux PME qui se lancent à l’international. Cette amélioration s’explique en partie par l’efficacité de la BPI (Banque Publique d’Investissement) et par l’organisation des activités de soutien menées par Business France. De manière significative, les chambres de commerce françaises et internationales ont également joué un rôle essentiel.

Comment CCI FI accompagne-t-elle aujourd’hui les PME dans leurs stratégies d’externalisation ?

Nous les soutenons dans leurs démarches d’externalisation en leur offrant un accueil personnalisé lorsqu’elles se rendent dans notre pays. Nous veillons à leur offrir la meilleure expérience possible afin de leur donner une image fidèle du commerce dans lequel ils envisagent de s’implanter.

Nous les assistons dans leur processus d’implantation, que ce soit en mettant à leur disposition nos boosters ou en prenant en charge des aspects tels que la gestion de leur comptabilité et des aspects juridiques.

Nous proposons toute une gamme de services qui leur permettent de démarrer rapidement une activité. De plus, elles bénéficient d’un écosystème enrichissant, composé d’entreprises françaises ayant déjà rencontré des problématiques similaires et saisies les mêmes opportunités, ce qui favorise les échanges d’expériences.

En quoi les synergies avec Laplace, peuvent-elles compléter l’offre de services proposée par CCI FI ou d’autres acteurs à l’international ?

Notre objectif premier est de garantir la réussite des entreprises, en leur permettant de générer des revenus et de croître à l’international. Notre partenariat avec Laplace est exemplaire à mes yeux, car il est axé sur une multitude de missions visant à soutenir les entreprises dans leur démarche à l’international et à les accompagner dans leur expansion.

Pour atteindre notre objectif, il est essentiel de faire preuve de pragmatisme dans nos ambitions. Il faut reconnaitre la complexité de l’implantation à l’étranger et d’aider les entreprises étape par étape. Nous encourageons donc les entreprises à commencer par s’implanter dans un pays limitrophe à la France, avant de se lancer dans le marché du grand international. Il faut savoir que le choix du pays d’implantation est crucial. C’est dans ce domaine que Laplace et CCI FI peuvent intervenir en conseillant les entreprises sur leur stratégie de développement. En travaillant en collaboration avec Laplace, nous sommes donc en mesure d’apporter un soutien complet aux entreprises.

Pensez-vous que l’impact du renfort de l’écosystème et des services apportés va permettre aux entreprises d’aller plus vite ?

Il est important de comprendre que ce que nous faisons, nos concurrents le font également. Nous sommes engagés dans une course où le succès est directement lié à notre capacité à progresser rapidement, car nos concurrents européens, asiatiques et américains ne restent pas immobiles. Dans ce contexte, l’impact du renforcement continu de l’écosystème et de l’amélioration des services proposés est déterminant pour accélérer le processus de développement des PME françaises à l’export. En améliorant constamment notre écosystème et en proposant des services de qualité supérieure, nous permettons aux entreprises d’aller plus vite et de saisir les opportunités de croissance sur les marchés internationaux avec plus d’efficacité.

En ce qui concerne l’attractivité en France, comment pouvons-nous attirer des entreprises sur notre territoire ?

Aujourd’hui l’attractivité est un vrai succès français, encore fragile, il faut chaque année continuer à justifier de cette attractivité. CCI FI à un rôle majeur à jouer dans l’attraction des chefs d’entreprises multinationales qui veulent s’implanter en France, du fait de notre connaissance approfondie des acteurs économiques du pays.

Actuellement, notre point faible réside dans le manque de communication entre les chambres de commerce à l’international et les initiatives se déroulant en France. Toutefois, nous sommes engagés dans un processus d’amélioration, avec pour objectif une réelle progression d’ici à 2024. En renforçant la coordination et la collaboration, nous pourrons mettre davantage en valeur les atouts de la France et ainsi attirer davantage d’entreprises sur notre territoire.

Thématiques : Philanthropie

Julien Male

Directeur Général Adjoint

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