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Parlons Finance – Décembre 2022

Après une année 2022 particulièrement douloureuse pour les investisseurs, 2023 s’annonce sous de meilleurs auspices…

L’année 2023 s’annonce plus « optimiste »


Après une année 2022 particulièrement douloureuse pour les investisseurs, 2023 s’annonce sous de meilleurs auspices. Certes, l’ampleur du ralentissement économique est une inconnue de taille où les risques de récession sont présents. Mais les investisseurs abordent cette nouvelle année avec deux atouts en main : des taux d’intérêts redevenus positifs et des primes de risques reconstituées.

La fin d’un cycle de politique monétaire accommodante

2022 aura été le grand chamboule-tout de la politique monétaire. Les hausses de taux pratiquées par les banques centrales closent un cycle de politique monétaire accommodante qui a vu le jour en septembre 2007, avec les premières baisses de taux au début de la crise des « subprimes ».

Au cours de ces quinze années, la Banque Centrale Européenne n’a cessé de baisser ses taux d’intervention (à l’exception de hausses mineures en 2011) et a mis en œuvre des soutiens non conventionnels (quantitative easing). Dès 2012, les taux sur les dépôts sont passés à zéro et sont devenus négatifs à partir de 2014.

Cette politique de soutien à l’économie a participé à la bonne tenue des marchés financiers durant cette période et notamment à des performances obligataires dopées par ce contexte particulier.

Chaque année, il était usuel de commenter l’anormalité de la politique à taux zéro sans vraiment imaginer que la sortie puisse s’avérer aussi brutale. En moins de 6 mois, les taux de la BCE sont passés de -0,50 à 2,00. Les répercussions sur les actifs financiers auront été de forte amplitude. Les marchés actions ont chuté de 10 à 30 %, mais c’est sur les obligations d’État que ce choc aura été le plus violent. La moyenne des obligations de la zone Euro devraient terminer l’année avec une perte autour de 17 %.

Des taux à la hausse

Aussi douloureux que soient ces ajustements de cours, ils permettent aussi de se projeter dans un environnement financier où les taux de référence sont redevenus positifs. La moyenne des taux 10 ans en zone Euro s’établi ainsi au-dessus de 3 % et le taux 10 ans US est proche de 3,70 %. Certes, cela ne permet pas de couvrir l’inflation courante, mais à l’horizon 2024, le retour à une stabilité relative des prix devrait y contribuer et permettre de réduire la pression qui s’exerce sur les banques centrales.

Le deuxième changement d’importance concerne les primes de risques sur les obligations d’entreprise et sur les actions[1]. La montée des risques économiques survenue en 2022 (inflation, crise énergétique, ralentissement économique) a conduit les intervenants sur les marchés à exiger des primes de risques plus importantes pour détenir ces actifs. Pour les obligations « Haut Rendement » de la zone Euro, les rendements obtenus dépassent les 7 %. S’agissant des obligations de meilleures qualités (« Investment Grade »), le rendement est autour de 4 %. Les écarts de rendement avec les taux de références se situent dans la fourchette haute constatée historiquement, notamment sur la partie « haut rendement ».

Pour les actions, les situations sont plus contrastées selon les secteurs et les marchés. Sur l’Eurostoxx 50, le rendement des bénéfices attendus pour 2023 s’élève à 8,6 %, soit une prime de risque de 5,6 %. Par comparaison, la prime de risque sur les actions US (S&P 500) s’établit à 2,4 %. La différence provient essentiellement de la part prépondérante des secteurs cycliques dans l’Euro Stoxx (énergie, automobile) en comparaison au S&P beaucoup plus connoté « valeurs technologiques », et pour lesquelles les perspectives long terme sont jugées solides. Ainsi, dans le secteur automobile de la zone Euro, la prime de risque atteint même 15 %. Ces écarts reflètent les risques perçus par les intervenants sur les marchés financiers. 

En d’autres termes, on constate que les prix actuels des obligations d’entreprises comme celui des actions intègrent d’ores et déjà une part de scénario à risque plus ou moins importante selon les actifs. Par exemple, une baisse de 15 % de la profitabilité des entreprises de l’Euro Stoxx 50 pourrait être compatible avec des performances honorables sur les 5 prochaines années.

Si la remontée des taux et celle des primes de risque placent l’investisseur dans une situation plus favorable aujourd’hui, il n’est pas pour autant immunisé contre les incertitudes économiques qui s’annoncent en 2023.


[1] Pour les obligations d’entreprise, la prime de risque se définit comme le supplément de rendement que procure ces obligations par rapport aux taux de référence (les emprunts d’État). Pour les actions, on peut évaluer la prime de risque à partir du montant des bénéfices par action d’une entreprise rapporté à son cours de bourse (inverse du PER). Le rendement ainsi calculé est comparé aux taux de référence et donne la prime de risque des actions. À la différence des rendements obligataires qui sont versés aux investisseurs, le rendement actions n’est que partiellement versé aux actionnaires à travers le dividende. L’autre partie est capitalisée au sein de l’entreprise et doit contribuer à soutenir le cours de la bourse.

La phase actuelle de ralentissement économique s’avère délicate

L’inflation – même si elle diminue – reste élevée et pèse sur les consommateurs comme sur les entreprises qui ne peuvent répercuter la hausse des coûts. En Europe, la situation énergétique devrait rester tendue tout au long de l’année 2023, pesant sur la compétitivité des entreprises et notamment sur l’industrie. Les finances publiques dans l’ensemble des économies développées sont exsangues et la remontée des taux ferme la porte à l’endettement. De même, on perçoit une nette dégradation du secteur immobilier aux États-Unis. L’économie chinoise qui a subi en 2022 la politique zéro Covid, pourrait cette fois être handicapé par une remontée subite de l’épidémie. Les tensions internationales nuisent au développement des échanges commerciaux. La liste est longue…

Pour autant, les carnets de commande des entreprises sont encore remplis et nombre d’entre elles arrivent à préserver leur marge. Aux États-Unis comme en Europe, le marché du travail reste dynamique et permet de maintenir un niveau élevé de consommation. Les plans de relance mis en place en 2021 et 2022 continuent de produire leurs effets, et les investissements nécessaires à une économie bas-carbone tirent l’activité économique.


Sommes toutes, le ralentissement conduirait – selon le consensus des économistes – à une stagnation de l’activité en 2023 aux États-Unis comme en Europe avant de repartir en 2024. La Chine quant à elle devrait connaître une hausse de son activité.

En 2023, les marchés devront trouver un équilibre entre valorisations raisonnables et risques économiques. L’enjeu n’est pas tant de savoir s’il y aura ralentissement, mais de vérifier en fonction des publications futures si celui-ci est plus modeste ou sévère que celui attendu.

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Source : WiseAM, société de gestion du groupe Crystal
Crédits images : Adobe Stock
Achevé de rédiger par François Jubin le 22/12/2022

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