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ACTUALITÉS ÉCONOMIQUES ET FINANCIÈRES

Laplace de l’info semaine n°43

L’actualité hebdomadaire en un clic : La crédibilité restaurée du Royaume-Uni… Bientôt celle des banquiers centraux ?

LA CRÉDIBILITÉ RESTAURÉE DU ROYAUME-UNI… BIENTÔT CELLE DES BANQUIERS CENTRAUX ?


Comme le craignaient certains intervenants, les achats d’obligations souveraines de la Banque d’Angleterre ont donc bien pris fin vendredi…

Les craintes des investisseurs semblent pourtant se dissiper ! Jeremy Hunt, (nouveau ministre des Finances britannique), a sensiblement modifié la proposition de plan budgétaire de Lizz Truss… ce qui a permis de passer avec succès cette première journée sans « protection rapprochée » de la Banque centrale.

La livre sterling s’est donc offerte un net rebond… et les taux britanniques une non moins nette détente (le taux à 10 ans est repassé sous les 4% après avoir flirté avec les 4,6% la semaine dernière). Les investisseurs craignant jusqu’alors une crise systémique, cette accalmie a contribué à nourrir le rebond des marchés de ce début de semaine. Plus globalement, les banquiers centraux peinent toujours autant à restaurer leur crédibilité…

D’un côté du spectre, le ralentissement économique souhaité ne se matérialise pas assez vite (ce qui permettrait de revenir à une politique monétaire plus accommodante). De l’autre, ces mêmes banquiers centraux doivent limiter le risque d’instabilité financière (comme au Royaume-Uni).

Aux Etats-Unis, les taux à 10 ans poursuivent leur tendance haussière des derniers jours (4,15%… soit un point haut depuis 2008). Le débat totalement centré sur l’inflation laisse progressivement de la place à celui sur le risque « d’en faire trop » et de briser durablement le cycle de la reprise, voire de déclencher une potentielle nouvelle crise financière… 

LES RÉSULTATS EN SOUTIEN ?

Si une hirondelle ne fait pas nécessairement le printemps boursier, il est tout de même appréciable que le début de la saison des résultats trimestriels démarre de cette manière…

Dans un climat ô combien anxiogène, les premières annonces traduisent en effet une certaine résilience. Le leader mondial des machines de production de semi-conducteurs, ASML, s’est ainsi offert un rebond de plus de 8% mercredi après avoir battu les attentes des analystes…

Comme un symbole de la capacité de certains acteurs à résister au ralentissement de l’économie… et même de son propre secteur (les tensions sino-américaines restent élevées sur ce secteur stratégique). Tout sauf anodin alors que cette société est largement représentée dans les grands indices du Vieux Continent (jusqu’à peser plus de 8% de l’Euro Stoxx 50 !).

La semaine dernière, l’autre mastodonte de l’indice et du luxe français, LVMH, avait déjà contribué à rassurer les observateurs sur sa capacité à continuer de croître dans un contexte de ralentissement économique (+22% de CA dans le pôle mode et maroquinerie, rebond de l’activité du leader du luxe en Chine après d’importantes restrictions sanitaires). 


Outre-Atlantique, les investisseurs ont également salué l’embellie d’une des principales victimes des salves de vente de 2022, à savoir Netflix… Le géant du streaming a ainsi mis fin sur le dernier trimestre à la baisse de son nombre d’abonnés… parvenant même à recruter davantage de nouveaux clients que prévu. Surtout, les dirigeants se montrent optimistes pour la fin de l’année (225 millions d’abonnés attendus après la mise en place d’un nouvel abonnement moins cher mais intégrant de la publicité).

Le spécialiste américain de la vidéo à la demande s’est donc enfin offert un rebond boursier de 15% mercredi, après avoir vu passé son cours de plus de 600 dollars en fin d’année dernière à près de 175 dollars au plus fort de la tempête 2022. Le titre reste donc néanmoins en baisse de 50% depuis le début d’année… mais son objectif de maintien d’une croissance rentable pourrait rassurer les intervenants de marché.

Dernier enseignement de ce début de saison : les banques du pays de l’Oncle Sam semblent croire à la capacité de la Fed à enrayer la surchauffe inflationniste en provoquant un ralentissement économique… Elles augmentent ainsi massivement leurs provisions face au risque croissant de défaut sur les activités de crédit… lié au ralentissement de l’activité économique.

Source : WiseAM, société de gestion du groupe Crystal
Crédits images : Adobe Stock
Rédigé par François Jubin

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