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ACTUALITÉS ÉCONOMIQUES ET FINANCIÈRES

Laplace de l’info semaine n°35

Récapitulatif de la semaine 35

JEROME POWELL NE CHUCHOTE PLUS À L’OREILLE DES MARCHÉS… MAIS DU CONSOMMATEUR


Comme le veut la tradition en cette rentrée, les regards étaient tournés vers le sommet de Jackson Hole et les différents discours des banquiers centraux. En des temps pas si lointains, cette seule conférence suffisait à insuffler un vent porteur sur les marchés financiers, tant les discours pouvaient indirectement être reçus comme des soutiens aux actifs risqués.

Probablement inspiré par les sommets qui l’entourent, le président de la Fed Jerome Powell a rappelé aux observateurs que le pic d’inflation le préoccupait bien davantage que le creux provisoire des principaux indices. Il a donc notamment marqué les esprits des opérateurs en insistant lourdement sur la nécessité de poursuivre le durcissement monétaire pour lutter coûte que coûte contre les pressions inflationnistes…


Le durcissement monétaire, déjà bien entamé, n’est évidemment pas gratuit. Son prix pourrait, toujours selon Jerome Powell, conduire à un ralentissement de la croissance. Un prix à payer de la part des agents économiques (ménages comme entreprises) pour éviter le scénario du pire, à savoir une perte de contrôle de l’inflation. Pour le moment, la croissance américaine continue de montrer des signes de résilience, comme en attestent les dépenses de consommation de juillet publiées vendredi, qui ont encore envoyé un signal de solidité de l’économie américaine, avec une nouvelle progression en rythme mensuel des dépenses en volume (+0,2% en juillet vs +0% en juin).

Le discours de Jerome Powell a sans conteste été la source de la volatilité des marchés en fin de semaine. La probabilité d’une nouvelle hausse de taux de 75 points de base lors de la réunion prévue les 20 et 21 septembre est passée de 47% il y a une semaine à 74,5%, selon l’outil FedWatch du CME. Bien sûr, les derniers commentaires de Jerome Powell n’ont pas déclenché des élans d’avidité dans les salles de marché. Pour autant, il est intéressant de noter que le pessimisme ambiant (maîtrise de l’inflation, ralentissement économique potentiel sur fond de durcissement monétaire) reste contrebalancé par des métriques de valorisations plutôt basses (voire décotées sur certaines classes d’actifs).

LE COMBAT CONTINUE

Si les dernières journées ont été marquées par une sensible décrue des prix de l’énergie (gaz, électricité), la dynamique à plus long terme est évidemment tout autre… A moins d’avoir privilégié une île (vraiment) déserte comme lieu de villégiature, difficile de passer à côté de cette thématique qui pourrait devenir centrale si d’aventure l’hiver avait la mauvaise idée de se révéler rigoureux. La France a d’ores et déjà annoncé par la voix de la Première ministre un « plan sobriété » dont le nom à lui seul n’incite pas à l’optimisme. Un plan qui vise à limiter le risque de rationnement pour les entreprises… en les incitant (avant de les contraindre ?) à réduire leur consommation de gaz de 10%. Un point d’étape est prévu en octobre. Comme l’a rappelé la Ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, la France a nettement diversifié ses fournisseurs de gaz ces derniers mois et le remplissage des stocks stratégiques est supérieur à 90%.


Pour ne rien arranger au contexte plutôt anxiogène des dernières semaines, l’annonce de Gazprom de suspendre (officiellement en raison de paiements non reçus pour les livraisons de juillet) ses livraisons de gaz à Engie a fait grand bruit. Pour autant, certains motifs d’espoir subsistent également : l’Allemagne a ainsi rassuré les observateurs en annonçant avoir reconstitué plus vite que prévu ses stocks de gaz. Aux dernières nouvelles, nos amis d’outre-Rhin pourraient ainsi parvenir à reconstituer 80% de ses stocks avant novembre ! Une annonce tout sauf anodine puisque la situation risque d’être plus compliquée en Allemagne du fait de sa plus forte dépendance à la Russie pour les approvisionnements. Ne nous trompons pas : la situation est particulièrement complexe à piloter pour les responsables politiques, qui comme nous l’évoquions dans nos précédentes communications, ont tout intérêt à pouvoir s’enorgueillir de quelques combats victorieux à défaut de remporter la guerre. Ainsi, les plans d’actions se multiplient du côté de la transition énergétique… Dernier exemple en date :  les annonces d’un parc éolien majeur dans la mer Baltique… Dans ce contexte, les différents véhicules liés à la transition énergétique pourraient garder à plus long terme les faveurs des investisseurs.

Source : WiseAM, société de gestion du groupe Crystal
Crédits images : Adobe Stock
Rédigé par François Jubin

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